28 novembre 2005

Mario Asselin nous annonce qu'une nouvelle signature orne son blog ...

Cet homme, dont j'admire l'ampleur de vue pédagogique, se présente désormais comme “Coach scolaire et catalyseur de communautés d'apprentissage”. Une formule finement ciselée, dans laquelle il a concentré ses qualités et ses aspirations, humaines et professionnelles. J'aurais aimé l'inventer ...

26 novembre 2005

Ils entrèrent en intelligence collective : "L'Ecole Mutuelle"

En parcourant ce jeudi les allées d'un salon de l'éducation particulièrement riche de rencontres et de découvertes, je m'aventure parmi les tables de la librairie de la ligue de l'enseignement. Là, mon regard est attiré par un livre d'Anne Querrien : "L'Ecole Mutuelle - Une pédagogie trop efficace ?"

Déjà, le titre suscite l'envie de découvrir l'ouvrage ... je m'aventure jusqu'à sa 4ème de couverture. Extraits choisis : "Ce livre raconte l'histoire de l'école mutuelle dans la France de la Restauration. Une histoire totalement oubliée, interdite, car elle met en doute le caractère progressiste de notre école républicaine (...) les élèves travaillent en petits groupes : ceux qui ont compris expliquent aux autres. Tour à tour, chacun est élève et répétiteur (...) Les différences de niveau ne sont plus un obstacle au bon fonctionnement mais deviennent son moteur. Or cette école a été fermée parce qu'on lui reprochait deux choses : les élèves apprenaient en trois ans le curriculum prévu pour six et ils n'apprenaient pas le respect du savoir !"

Ce livre doit décidément pouvoir plaire ! Et quand je découvre que la préface en a été rédigée par Isabelle Stengers, mon attrait pour cet ouvrage ne fait que croître. Tout cela parce que, voici quelques années déjà, j'ai apprécié l'intelligibilité de sa pensée dans "La nouvelle alliance", écrit avec Ilya Prigogine. Ses engagements ont ensuite su forcer mon respect; en quelques mots, elle nous convainc de l'urgente nécessité d'étudier les propos d'Anne Querrien.

Avec une intelligence fulgurante, elle expose dans ces prolégomènes sa familiarité avec les propos de l'auteur; elle plaide pour un enseignement empreint d'humilité et du désir sincère que l'individu se construise, toujours oscillant entre apprentissage et transmission, alternant avec détermination entre sa singularité et les collectifs auxquels il appartient. Convoquant tour à tour Ivan Illich et Michel Foucault, Isabelle Stengers nous renvoie sans ménagement aux grandes utopies de nos années d'adolescence, où nous rêvions naïvement qu'aussi bien école que prison deviendraient un jour des lieux où l'humain construirait sa singularité par et pour la cité; elle nous rappelle ainsi que la seule politique dans laquelle on puisse se reconnaître, c'est celle qui favorise l'émergence, dans tous les espaces de nos existences, de "lieux capables d'accueillir les questions, les exigences, les doutes (...) venus de tous les milieux sociaux et culturels, et de les réunir dans une communauté d'apprentissage qui ferait du sens critique une valeur vivante." (p. 16)

Autre parallèle, troublant, lorsque notre attention est également dirigée vers la familiarité qu'entretiennent inconsciemment les logiciels relationnels et l'école mutuelle : "Alors qu'Illich parlait du “droit d'apprendre”, ce qu'Anne Querrien décrit a quelque chose à voir avec un agencement machinique (...), c'est-à-dire un type de composition collective impliquant “l'émulation, la sympathie imitative”, semblable à celui qui a impulsé et créé les artisans de la Toile." (pp. 16-17) Avant que se concluent les pages introductives de cet ouvrage salutaire, nous aurons enfin pu partager la conviction que "penser à partir de la réussite contingente de l'école mutuelle (...), c'est substituer à la question de l'égalité et de la différence des individus la question du processus qui requiert et suscite la force d'un collectif. Les valeurs associées à un tel processus sont politiques au sens où elles lient l'appropriation des savoirs avec l'exercice d'une coopération qui affirme l'hétérogénéité comme une ressource, non comme un obstacle ou une difficulté." (pp. 18-19) Une conviction que partagent sans nul doute les membres de Wikipédia, au regard des termes de leur charte.

Voilà musique qui devrait être douce aux oreilles des arpenteurs que nous sommes des wiki- et blogosphères, compagnes immatérielles de notre planète. Nous reviennent à ce propos les mots de Marshall McLuhan, qui affirmait "qu'il ne peut y avoir de passager sur le vaisseau Terre, nous sommes tous membres de l'équipage"; pour que notre rêve citoyen devienne réalité, pour que grandisse une "intelligence connective", ne nous appartient-il pas alors de nous emparer de ces avatars du web, pour qu'éclosent des lieux qui n'auront que le sens critique de leurs habitants pour seul dénominateur commun, au service d'une communauté d'apprentissage riche de la diversité des questionnements issus de sociétés et de cultures bigarrées ?

La lecture de ce travail va se poursuivre, avec passion, tout comme je dévorai avidement le "maître ignorant", de Joseph Jacotot voici quatre ans déjà. Déjà grand merci, mesdames Querrien et Stengers. Ces quelques pages ont fait remonter du fond de ma mémoire cette journée des années '70 où je m'étais rendu au tableau, à la demande d'un certain P.J., notre prof. de maths. Je ne sais toujours pas ce qui avait motivé sa demande, trop fier que j'étais de pouvoir y étaler ma science; j'imaginais simplement qu'il avait besoin de mon aide pour tenter d'expliquer à d'autres ce point d'algèbre qui leur demeurait obscur. L'algèbre, c'était le terrain de jeu où je régnais quasiment sans partage, j'en aurais maîtrisé les points les plus obscurs même en dormant, une vraie passion de mes quinze ans. La passion ne s'est pas fracassée pour autant ce jour-là sur ce tableau noir couvert de calculs, mais c'est là, à la frontière entre l'estrade et les bancs de mes camarades dubitatifs, que j'ai réalisé pour la première fois "qu'avoir compris n'est rien si on ne s'est pas heurté à cela seul qui fait penser : qu'un autre, une autre, puisse ne pas comprendre." (p. 19)

13 novembre 2005

Imagine-action

Gilles Chabré a un réel talent, exigeant, persévérant, celui de nous faire accoucher du meilleur de nous-même. Son commentaire récent sur la toute première note de ce blog m'a donné envie de rompre près de cinq mois de silences, d'incertitudes professionnelles et de doutes personnels sur la pertinence de ce blog. Quand un être comme lui me considère comme “une sorte de "géotrouvetout" des usages des TIC accessibles pour tous”, et se permet même de vanter mon “imagine-action”, difficile de ne pas reprendre la plume ...

Hasard ou coïncidence, à l'occasion du début d'un nouveau cours de mon dess, Jean-François Noubel (notre "professeur-coach") nous demande de nous présenter. J'ai donc créé une page dans le wiki mis à notre disposition pour l'occasion; en guise de retrouvailles, j'ai eu envie d'en partager le contenu avec vous. Voici chose faite.

“Personne n'acquiert le génie; c'est un don de Dieu. Mais on peut acquérir la patience, le courage, la sagesse, la compréhension.”
Henry Miller, in "Peindre, c'est aimer à nouveau"
J'ai toujours été intéressé par l'usage que l'on pourrait faire de l'ordinateur, en tant qu'outil facilitateur des interactions humaines.

Dès 1984, je suis tombé dans le Macintosh, pour ne jamais plus en ressortir, et c'est la Publication Assistée par Ordinateur qui est alors devenue ma raison de vivre professionnelle. Au tournant des années 1990, cette expérience de création d'entreprise m'a permis d'œuvrer à la création du support technique du “Apple Learning Lab” auprès d'Apple Europe; c'était un endroit formidable, en croissance constante, bouillonnant d'inventivité pédagogique, où j'ai découvert le rapport intime entre informatique, formation en entreprise et développement des ressources humaines.

Ce fut ensuite la création d'une startup spécialisée dans les agents intelligents, dont j'ai créé le département vente et marketing, pour la diffusion d'un logiciel un peu trop en avance sur son temps. Entretemps, je m'étais découvert un goût sincère pour le support client de haut niveau, que j'ai appliqué avec succès, tant dans la gestion de parcs micro-informatiques pour des sociétés de conseil, que dans la mise en œuvre d'activités de support technique dans le monde des télécoms et de la visio-conférence. Cette tranche de vie professionnelle est d'ailleurs détaillée, comme les autres, chez LinkedIn (visible après inscription gratuite au service).

En 1998, le Centre National Pédagogique des Maisons Familiales Rurales (CNP) me voit rejoindre ses rangs. C'est là, au cœur du département du Loiret, que près de 300 enseignants de cette institution viennent chaque année découvrir les rouages d'une pratique singulière de l'enseignement en alternance. J'y suis formateur (pédagogie, TIC, arts plastiques) et responsable des partenariats européens. Au CNP, je revendique ce statut de “géotrouvetout” dont me gratifie mon ami Gilles Chabré; depuis 1999, je m'intéresse plus particulièrement à l'utilisation et aux usages des logiciels relationnels en formation. En 2004-2005, j'ai ainsi proposé à mes étudiants en développement local de construire leurs apprentissages en méthodologie de projet par le biais d'un blog, tout en usant d'un wiki pour la production du rapport destiné à M. Paris, leur client de l'année.

Au-delà des murs du CNP, je fréquente d'autres espaces, tels que la M@ison, à Grigny (69), où je rêve d'un autre monde avec des personnes formidables comme Jacques Houdremont et toujours, Gilles Chabré.

Désormais, je souhaite mettre mes talents et mon énergie au service de la création ou du développement d'une entreprise ambitieuse; un projet qui saura dépasser les concepts divers et diffus que recouvre le mot-valise “web 2.0”, ceci pour proposer enfin à un public admiratif l'outil qui permettra réellement d'augmenter l'intelligence humaine. Je crois vraiment que “les gens se reconnaissent entre eux au son d'une même voix” (Cluetrain Manifesto), et “The Transitioner” m'a aidé à comprendre que, dorénavant, c'est l'écologie du savoir qui constitue ma nouvelle ligne d'horizon professionnelle ... avant qu'advienne l'économie du savoir. Merci à Jean-François Noubel pour nous en avoir recommandé la lecture ...

Au-delà de ce qui motive cette facette de mon existence, il ne m'est malheureusement pas possible de parler ici de mes autres passions pour : les thrillers techno-politiques; les romans de science-fiction; tout ce qui ressemble de près ou de loin à un petit programme informatique, parfois tellement inutile, mais qui représente un tel ravissement pour les sens; notre petite planète bleue, si fragile; la république dont j'ai voulu devenir citoyen voici près de 30 ans; la liberté, l'égalité et la fraternité; l'école publique, laïque, égalitaire et républicaine; l'humain caché dans l'homme; la création artistique, sous toutes ses formes; les films aux héros charismatiques; les grands mythes qui nous fondent; le combat politique; une session de perfectionnement en arts plastiques dont les étudiants ressortent transformés; les trois seules raisons pour lesquelles ma vie vaut vraiment la peine d'être vécue ... et encore, j'en oublie certainement ...

Et puisqu'il faut bien, malgré tout, en arriver à dire quelque chose de plus personnel encore, pour se (re)connaître, c'est seulement là que je parlerai peut-être de l'émotion que je ressens, lorsque j'assiste à l'un de ses spectacles, lorsque je découvre ces œuvres d'art, où tout contribue à nous transporter au-delà de nous-même, de ces moments où je sais pourquoi nous sommes cette petite étincelle dans Son regard.

Je suis très heureux de poursuivre la route de ce blog en votre compagnie ...

24 juin 2005

Sur tous les murs, liberté, j'écris ton nom ...

J'ai la chance de vivre dans un pays où je peux encore m'exprimer relativement librement, sans trop craindre d'être poursuivi pour mes propos, cet espace en est la preuve. Je ne sombre pas pour autant dans un optimisme béat, le cas de Christophe Grébert est là pour nous rappeler qu'il existe malgré tout une limite à cette liberté.

La situation peut parfois être (beaucoup) plus inconfortable encore : le blog "Committee to Protect Bloggers" est là pour nous rappeler que bloguer est aussi parfois un acte de résistance à l'oppression, un défi à la censure ... qui se paie au prix fort, par la privation de liberté.
Motjaba Saminejad est un blogueur Iranien, arrêté pour avoir annoncé l'arrestation de trois autres blogueurs Perses. Il mène actuellement une grève de la faim depuis sa cellule de la prison de Gohar Dashat dans la banlieue de Téhéran, une prison réputée pour les violences portées aux détenus. L'Iran a arrêté plus de 20 blogueurs depuis un an; ceux qui ont été libéré ont déclaré avoir été victimes de torture.
Signez la pétition pour demander la libération de Motjaba, et soutenez le CPB en visitant leur site :

Committee to Protect Bloggers :: Main Page

nb : Reporters sans frontières nous tient également informés ici de l'évolution de la situation de Motjaba.

04 juin 2005

Télérama, les blogs, Frantico, etc.

L'édition papier de Télérama de ce mercredi 1er juin 2005, je l'avoue, m'avait fait saliver. "BLOGS - Déjà 12 millions et moi et moi ..." : en quelques denses pages un tour d'horizon promettant de nombreuses heures de navigation musclée sur les crètes et dans les creux de la blogovague.

Mais cliquer du doigt sur les mots imprimés n'emmène pas (encore) en un instant au plus lointain des virtuelles contrées de l'Internet. Alors, ce samedi matin, petite pause dans l'emploi du temps, voilà que je trébuche sur la version web du même article, truffée de liens vers des blogs délicats.

Et s'il en est un que j'ai envie de vous faire partager, avant même que vous n'alliez vous abreuver à la source, c'est celui de Frantico, une forme de bande dessinée à l'état pur, pour l'amour que j'ai du 7ème art.

Bonne navigation !

30 mai 2005

Partagez les notes du blogs !

Une note vous a plu, vous l'avez commentée, et vous aimeriez la partager avec vos ami(e)s ? Rien de plus simple ! Il vous suffit d'aller à la fin de la note qui a retenu votre attention, et là vous découvrez l'icône d'une petite enveloppe. Cliquez dessus. Apparaît alors une nouvelle fenêtre : "Envoyer un message à un ami ...". Remplissez-la, cliquez sur le bouton qui va bien et voilu que voiça ...